Les nouveaux concurrents de l’hôtellerie

Partager cet article

[Total : 1    Moyenne : 5/5]

 

Les hôteliers font face à une concurrence de plus en plus large qui déséquilibre le marché. Qu’en est-il ?

Lors de son 63ème congrès, l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie) a abordé le thème « Nouvelle économie, enjeux et règles du jeu ».

Représentant 80% des professionnels du secteur CHR (Cafés, Hôtels, Restaurants), l’UMIH peine à faire évoluer la situation déséquilibrée à laquelle elle est confrontée face aux acteurs numériques présents sur leur marché. En Novembre dernier, accompagnée de 5 autres fédérations européennes (allemande, anglaise, espagnol, italienne et néerlandaise), l’UMIH a interpelé l’Europe pour que des mesures soient prises pour garantir l’équité entre tous les acteurs, que ce soit sur les aspects sociaux, commerciaux ou fiscaux.

Les principaux incriminés ? Les plateformes de short renting comme Airbnb, Abritel, Homelidays, Sejourning, censés faire de la mise en relation entre particuliers. Ceci existe depuis de nombreuses années, mais le problème vient des dérives constatées notamment à Paris, où certains particuliers n’hésitent plus à acheter des logements uniquement pour les louer sur ce marché.

Quelques chiffres constatés par Roland HEGUY, Président de l’UMIH : « La fréquentation touristique progresse de 2% à Paris lors du premier semestre 2015. Pourtant l’hôtellerie parisienne enregistre, dans le même temps, une baisse de 2,8% ».

Dans une de ses notes d’octobre 2015, le syndicat professionnel précise : « Le short renting est une concurrence déloyale puisqu’il génère 60 à 70 % de résultat net avant impôts… quand ces revenus sont déclarés. Alors que l’hôtellerie, si on enlève les charges financières et amortissement, les taxes locales, les coûts d’exploitation et les salaires et charges, génère 5 à 10 % de résultat net avant impôts ».

Auprès de Roland HEGUY, l’absence de mesures concrètes passe mal : « Que l’Etat puisse admettre qu’on peut louer des logements à la nuitée sans les déclarer, c’est inadmissible pour nous ! »

Lors de ce congrès, Martine PINVILLE, secrétaire d’Etat au Commerce et à l’Artisanat, a commenté : « « La future loi Noé peut faire évoluer favorablement le contexte et rebattre les cartes. On compte aussi sur l’Europe qu’on a sollicitée pour faire évoluer les choses. Nous engageons des travaux avec l’Allemagne sur ces questions liées à l’économie collaborative. On ne part pas de rien, nous avons des règles, la DGCCRF fait des contrôles et nous devons protéger les consommateurs, mais je ne peux, aujourd’hui, dire quand nous aboutirons à des lois et à une situation acceptable par tous. »

Prendre des mesures devient urgent, car chaque jour qui passe pèse un peu plus sur les acteurs « traditionnels » de ce marché hôtelier. Cette demande est portée depuis des mois par l’UMIH. L’augmentation des contrôles auprès des particuliers loueurs va dans le bon sens, mais semble bien insuffisante face à l’ampleur du phénomène.

En parallèle, Laurent Fabius a récemment annoncé la mise en place de France Développement tourisme (dispositif doté de 1 Md€ en faveur de l’hébergement français dans les territoires ruraux) et une mesure visant à obliger un propriétaire d’hébergement loué à déclarer les revenus agrégés de son activité à l’administration fiscale. « Une première pierre vers une plus grande transparence fiscale et vers une déclaration automatique des revenus entre les plateformes et l’administration fiscale » vient d’être posée, selon l’UMIH.

Quoi qu’il en soit, il demeure important d’apporter des solutions définitives et concrètes à ce défi du XXIème siècle. A l’heure actuelle, nous sommes toujours dans l’impossibilité de prévoir et de connaître le sort qui sera réservé à l’économie hôtelière dans les années à venir.


Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *